• Le 15 mars 2005, 14h24
    Depuis quelques mois, chaque fois que mon visage était face à la glace, ses yeux se retrouvaient oubligés de lire “le problème c'est toi... donc tu as la solution".Non mais...Comme si cela était totalement vrai...Je l'ai enlevé, jeté avec dédain dans la poubelle à gauche sous l'évier et m'empressai de le remplacer.Fini la paleur du jaune... j'opte pour un rose fushia bien vif que j'orne de belles et rondes lettres épaisses : r.e.s.p.e.c.t. !!!Notez que j'aurais pu ajouter merde !

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  • Le 13 mars 2005, 16h00

    Les cloches viennent de m'interpeller...
    Elles résonnent de trois coups... les trois premiers coups de la matinée... de l'aube...
    Ce soir, je n'ai eu à attendre l'avancée du crépuscule pour rejoindre mon alcôve.
    Sans angoisses, sans doutes, sans masturbation cérébrale la soirée m'est passée inconnue.
    Telle une ombre... celle qui était mon pire cauchemar ne sait jamais rappelée ni faite remarquer...
    Eperdue dans la création de mon site, du rassemblement de mes notes, j'ai raté mon rendez-vous hebdomadaire avec Thierry Ardisson d'avec lequel je m'étais promis de ne pas décommander, lui-même ayant été absent la semaine dernière...
    Non... pas besoin de divertissement pour attendre que la clepsydre se vide et me signale qu'il est suffisemment tard pour ne pas me lever malencontreusement trop tôt... et à nouveau attendre anxieusement le coucher.
    Mon esprit est sobre... comme l'âme que je cherche à formater, celui-ci a mené de front ces dernières heures comme un pc parfaitement règlé...
    Aucune note à relir... aucun mot sur lequel m'attarder... aucune phrase de souvenir... juste des dates à observer pour en copier-coller le contenu...
    Oui, aujourd'hui je pus totalement me concentrer et découvrir un automatisme amnésiant... un répis... un cadeau du ciel...
    Ne pouvant reprendre le nom de mes blogs précédents mais déterminée à les clôturer j'ai pu de par ce style de site découvrir que tous les posts pouvaient être rassemblés en respectant l'ordre chronologique... en y insérant des notes ou encore des pages accessibles uniquement par code...
    Cette possibilité m'enjoue et me rend cette fraîcheur que je craignais avoir perdue...
    Je me sens presque dépourvue de cette lucidité affligeante et baffouant toute illusion.
    Je suis bien...
    Je copie... je colle... je prends dans un blog... pêche dans le deuxième... ressorts mes abysses word et les enfile comme si je réalisais un colier de perles de tous ces écrits que je me refusais de détruire et qui étaient potentiellement susceptibles de ME détruire... de me repousser au fond de ce gouffre que je cotoyai trop longtemps... trop de temps...
    Ce geste est machinal... aucune réflexion n'est nécessaire puisque j'ai décidé de ne rien tronquer et de rien mystifier... simplement humaniser... recoudre de chair et de sang une histoire passée non pour la relire mais enfin la clôre.
    Le sentiment que cela m'apporte est indescriptible... presque jouïssif...
    Malgré la conscience de mes fautes d'orthographe ou gramaticales, de la médiocrité de certaines rédactions ou encore du pathétisme des images les illustrant... rien de ces détails ne me perturbent.
    Ce ne sont que des mots... mais leur assemblement : ma vie... un morceau de ma vie.
    J'arbore un sourire... je sens mes joues se plisser légèrement... mes lèvres se détendrent et j'imagine que mes yeux pétillent bien plus que de mille feux.
    Plus d'un an d'écrits... plus d'un an d'instantanés... plus de quatre cent récis... plus de trois cent jours de ma vie... une éternité.
    Disposant enfin de cette facilité, j'en viens à me demander si ces propositions de publications seraient désormais arrivées au moment de les honorer... ou tout au moins de les envisager.
    Quand je l'écris ainsi, je me trouve presque prétentieuse... insolante... méprisante.
    Je n'ai aucune particularité littéraire... j'en suis consciente, je ne veux pas céder à la mode de certains blogs devenus papiers de recyclage... d'exhibition.
    Pourtant tous ces courriels... tous ces mots d'encouragements se répètent en moi... les émotions et les douleurs originelles de ces mots aussi.
    Et si c'était ça mon projet à moi...
    Je l'ignore... je constate juste que cela devient un plaisir... que la facilité de trier cette caisse d'archives me motive... qu'elle n'est plus boîte de Pandore et surtout qu'en créant deux blogs distincts j'ai franchi un pas... celui d'être moi... de prendre du plaisir pour moi aussi.
    Cela ne m'avait que rarement surprise...
    Soit... la tête pour une fois sereine... fatiguée d'automatismes et non plus de turpitudes, je n'ai pas envie de commencer à y réfléchir... juste profiter de ce sentiment béat... de cet état de grâce.
    C'est exactement cela... aller me glisser sous les draps parfumés à la fleur d'orangers... enlasser leur fraîcheur... m'engouffrer dans leur chaleur... me noyer dans leurs étreintes et laisser mes jambes si lourdes et douloureuses s'enfoncer dans le matelas pour les libérer des contractures de la maladie... me coucher nue pour ne permettre à aucune plaie de s'accrocher à un vêtement indélicat sans trouver cela sâle ni malsain...
    Aussi étonnant que cela ne soit... en cette nuit de samedi soir je ne me sens pas isolée ni différente... ce samedi passé seule ne me semble pas gâché ni perdu... si ce fauteuil n'était là face à moi j'en oublierais même ce corps sclérosé...
    J'ignore si ce nouveau livre symbolise une page qui se tourne mais la réponse ne me harcèle plus pas.
    Aujourd'hui... je suis bien... je suis en paix, sereine et légère... je refuse toute interrogation de laquelle je ne pourrai trouver la réponse... et même si je le pouvais... elle ne m'intéresse pas... enfin... pas maintenant, car je sais que demain sera différent... que demain, la maladie... un mail... un souvenir... un doute ou quelqu'autre détail peut me voler cet état... ou à contrario me l'expanser.
    Oui... je sais que demain je puis voler en éclats, m'effondrer en larmes, me noyer d'un silence... alors... oublions... nous sommes cette nuit...
    Je profite de cette nuit... j'aime cette nuit... je l'enlace et l'étreinds sans pudeur.
    Egoïstement... je la prends...


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